Beaucoup de gens souffrent d’une sensation de vide qu’ils n’arrivent pas à combler. Ils développent alors pleins de stratégies plus ou moins souffrantes pour se remplir : remplir son agenda d’activité, achat compulsif, consommation régulière d’alcool, compensation par la nourriture, sport ou travail à l’excès, etc. Parfois ce vide affectif les conduit à développer des relations toxiques dans le cercle familial, amoureux, amical ou encore professionnel. On parle alors de dépendance affective.
Dans ces situations, pleins d’alertes montrent qu’il y a un déséquilibre, un besoin non assouvi ou une situation vécue qui ne convient pas : émotions débordantes, sensations corporelles, somatisation, compensations, intuition, etc. Ils les voient, ils les entendent mais pour autant, ils ne peuvent pas les suivre et ils prennent la voie qui ne leur convient pas. Pourquoi ?
Une réponse possible : à cause du code de lois de la famille
Le code de lois de la famille régit le fonctionnement de la famille au même titre que le code civil régit la société. Il stipule les droits, les devoirs et les interdits que l’on doit respecter pour faire partie de la famille. On en reçoit du père et de la mère. Et parfois on reçoit sur un même sujet deux codes contradictoires. Par exemple, un code lié à la tristesse peut être : « avec ma mère, je pouvais pleurer, elle m’écoutait et me consolait. Avec mon père je n’avais pas intérêt à pleurer sinon il me réprimandait sévèrement. Il ne voulait pas de chochotte à la maison ». Une fois adulte, je vais soit m’autoriser à être triste, soit me l’interdire ou encore alterner entre les deux codes en fonction des situations.
Comment ce code agit dans le cadre du vide affectif ?
Voici deux exemples :
En travaillant sur le code de la famille, un de mes clients à identifier que du côté paternel et maternel « on n’avait pas le droit de s’écouter. On est là pour les autres et si ça ne va pas pour nous, on serre les dents ». Il venait en consultation car il ressentait une sensation de mal être qu’il ne savait pas à quoi attribuer. Il occupait ses journées en faisant pleins de choses et en étant présent pour ses proches mais il ne se sentait pas nourri. Et pour cause, il ne répondait pas à ses envies et ses besoins : envie de faire une exposition : il repoussait. Envie de faire un stage de yoga : il ne prenait pas l’inscription. Et quand je lui demandais pourquoi il ne le faisait pas, bien souvent il ne savait pas ce qui le bloquait. Il respectait le code familial sans le savoir : ne t’écoute pas.
Autre exemple : une cliente m’explique que dans ses relations elle donne beaucoup aux autres et qu’elle a vécu une relation toxique pendant 25 ans. Pendant l’échange, elle me révèle qu’un des codes stipule qu’elle n’a pas le droit à l’erreur. Or dans cette relation toxique, elle sait qu’elle n’est pas à sa place, qu’elle n’est pas respectée, que la relation ne répond pas à ses valeurs. Et pourtant elle reste. En quittant son partenaire, elle montrerait qu’elle a fait une erreur dans son choix amoureux. Inconsciemment elle fait le choix de rester pour être en accord avec le fonctionnement familial. On parle alors de loyauté familiale.
La psychogénéalogie et le travail sur le code de lois de la famille permet de mettre en avant les lois qui pilotent la famille inconsciemment. Leur mise en lumière permet de voir comment on se positionne par rapport à elles : en loyauté ou en déloyauté familiale. A partir de là, on peut faire des choix en tant qu’adulte pour réécrire les codes qui ne nous conviennent plus et auquel on ne veut plus adhérer pour établir une nouvelle règle plus juste pour soi. Dans le cas de ma cliente, cela pourrait être : j’ai le droit de changer d’avis, j’ai le droit de me tromper et de réajuster mes choix pour être plus en accord avec moi-même.
Mettre de la conscience sur ce code permet bien souvent de lever de nombreux freins et blocages pour passer à l’action et donner une autre direction à votre vie.
Charlène

