Quelle thérapie pour surmonter un deuil ?

2 Avr 2026

Les gens traversant un deuil se retrouvent bien souvent isolés, quelques semaines ou quelques mois après l’évènement, sans l’écoute dont ils auraient besoin pour pouvoir se déposer. Le premier réflexe est alors de se tourner vers un psychologue. Malheureusement ce travail thérapeutique, s’il n’est pas adapté au vécu de deuil, ne fonctionne pas. C’est pourquoi, j’entends souvent « Je suis allé voir un psy mais ça ne m’a pas aidé » ou encore « Je ne savais pas vers qui me tourner à ce moment-là. » mais aussi « Si j’avais su que vous existiez à ce moment-là, vous auriez pu m’aider ». La psychothérapie classique ne fonctionne pas dans la traversée du deuil pour plusieurs raisons :

Premièrement, en thérapie on explore de manière assez large la vie de la personne puisque bien généralement sa problématique s’exprime dans plusieurs aspects de sa vie. On va explorer les schémas de vie, les croyances, l’histoire de sa vie, ses peurs etc. qui freinent la personne dans sa capacité à être elle-même. Dans le deuil, on connait l’origine de la douleur. Il n’y a pas lieu d’aller explorer le passé familial ou les schémas de vie. Tout l’accompagnement va se centrer autour de perte et de ses répercussions. On va parler de la personne perdue, du lien émotionnel attaché à cette personne, des répercussions de cette perte dans votre vie, du manque et de la douleur de l’absence, du sens à donner à donner à la vie et de comment se reconstruire après cette épreuve.

Deuxièmement la posture thérapeutique est aussi différente. En thérapie, le praticien aura un léger recul pour laisser la personne réfléchir et trouver les réponses à ses questions par elle-même. En accompagnement du deuil, il y a une plus grande proximité avec l’endeuillé. La posture est plus soutenante. Le thérapeute va aider l’endeuillé à s’exprimer, il va se mettre dans une écoute totale pour qu’il puisse se déposer complètement, se sentir entendu dans son vécu et dans les répercussions de sa perte. L’endeuillé ne peut pas faire l’économie de son deuil : c’est une traversée obligatoire. Tout l’accompagnement vise à faciliter cette traversée en permettant à l’endeuillé de déposer ses émotions, son vécu, de mettre du sens sur ce qu’il vit et progressivement d’apprivoiser le manque et l’absence de la personne disparue.

Enfin, l’accompagnement du deuil n’est pas forcément un accompagnement long. A l’inverse de la thérapie, qui nécessite une régularité dans le temps, la durée d’un accompagnement post deuil peut être relativement court. Il vise à donner un coup de pouce à l’endeuillé pour passer une phase de deuil plus difficile. Ainsi certains endeuillés peuvent avoir besoin d’une seule séance, parfois de quelques mois d’accompagnement en fonction de l’intensité de la douleur. Les accompagnements les plus longs sont souvent pour les conjoints disparus qui peuvent durer un an mais aussi pour les décès les plus impactants comme la perte d’un enfant ou un suicide.

Concernant la fréquence des séances, chaque personne a des besoins différents. Ainsi la fréquence pourra être adaptée en fonction de son besoin et de son état émotionnel au cours des différentes phases du deuil.

Un accompagnement spécialisé dans le vécu de deuil est nécessaire lorsque la traversée du deuil est trop douloureuse. Si vous êtes dans cette situation, ne restez par isolé.

 

                                                                                                                                                                                                                                 Charlène